► Généraliser la signature de protocoles entre diocèses et parquets
Avant même le rapport Sauvé, 17 diocèses avaient pris les devants, en signant des protocoles avec la justice. La Ciase a recommandé leur généralisation. Elle préconisait aux diocèses de transmettre les signalements d’infractions sexuelles aux parquets et à ceux-ci de « diligenter les enquêtes dans des délais courts ». Si, aujourd’hui, la majorité des diocèses semble engagée dans cette voie, personne ne parvient à donner de chiffre précis.
« En l’absence de l’Observatoire national et du rapport annuel que nous avions aussi préconisé, on reste dans une culture de l’opacité. Les modalités de saisine de la justice demeurent floues, et à la main seule de l’évêque », déplore Vincent Destival, délégué général du Secours catholique et président du groupe de travail dédié. Sans remettre en cause des intentions « louables », des observateurs pointent d’autres angles morts. Notamment lorsque les faits ne relèvent pas de crimes ou délits dans le droit pénal et se soldent par un non-lieu qui peut être utilisé comme une « preuve d’innocence » par le mis en cause, notamment dans les cas d’emprise et d’abus spirituels.
► Harmoniser le fonctionnement des cellules d’écoute
Mises en place depuis 2012, ces cellules chargées de recueillir les alertes et les témoignages de victimes sont désormais généralisées dans l’Église de France. Selon un rapport d’audit publié en décembre, deux tiers des diocèses possèdent leur propre cellule – les autres ayant mutualisé leurs forces. Si ces cellules se sont « professionnalisées » depuis, le rapport pointe encore un besoin d’harmonisation des bonnes pratiques.
Plusieurs spécialistes sollicités par La Croix relèvent de surcroît des zones grises. En premier lieu, la question de l’indépendance. « Quelle liberté possède l’écoutant face à l’évêque ? »,…
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Auteur: Matthieu Lasserre et Malo Tresca, avec Céline Hoyeau

