Comment désarmer les entreprises qui nourrissent la crise climatique ? À l’heure où laisser les énergies fossiles « dans le sol » apparaît de plus en plus impératif, la major TotalEnergies — à l’image d’autres grandes multinationales pétrogazières — a décidé de prendre la tangente. Plusieurs voix s’élèvent donc pour reprendre le contrôle et imposer à la multinationale française une sortie rapide des énergies fossiles. Dans un récent rapport, l’Observatoire des multinationales et 350.org proposent plusieurs options, visant à « rouvrir le champ des possibles ».
Il y a en effet urgence : le groupe, qui présente le vendredi 24 mai sa stratégie à ses actionnaires lors de son assemblée générale, prévoit d’augmenter d’un tiers sa production de gaz d’ici à 2030, sans réduire significativement sa production de pétrole. Une politique à rebours des recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) ou de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui appellent à stopper tout nouveau projet d’infrastructure d’extraction d’énergies fossiles. « TotalEnergies se présente comme un acteur résolument tourné vers la transition énergétique, mais il fait tout pour maintenir le statu quo et nous mène vers le chaos climatique », déplore Clémence Dubois, directrice adjointe des campagnes mondiales au sein de l’ONG 350.org. Pour « mettre une major pétrogazière hors d’état de nuire », l’association et l’Observatoire des multinationales proposent trois options :
Piste 1 : un cadre complet de régulation
Autant l’écrire tout de suite : la voie de la régulation est « souvent décevante et insuffisante pour contraindre l’industrie fossile à un changement rapide de comportement », observent l’Observatoire des multinationales et 350.org. Mais les ONG estiment toutefois que cette logique pourrait « être poussée bien plus loin »…
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Auteur: Alexandre-Reza Kokabi

