Cet article est publié en partenariat avec la Revue Salamandre.
De nos jours, les populations de cerfs se portent bien en France. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Au milieu du XXe siècle, ces animaux se faisaient rares. Les chasseurs étaient accusés d’en tuer trop et il y avait une attente du grand public pour en observer à nouveau.
« Cela a notamment motivé la création de plans de chasse qui se voulaient plutôt conservateurs », déclare Maryline Pellerin, cheffe adjointe au service conservation et gestion durable des espèces exploitées de l’Office français de la biodiversité (OFB).
En parallèle, il y a eu des réintroductions en provenance des forêts de Chambord (Centre-Val de Loire) et de la Petite-Pierre (Alsace). L’aire de répartition du cerf a ainsi triplé entre 1987 et 2021 et évolue encore. « La dernière enquête montre que le cervidé n’occupe que 58 % des forêts françaises. Cela veut dire que près de la moitié sont encore colonisables », précise Maryline Pellerin.
Les taux de tirs, aussi appelés prélèvements, ont augmenté en conséquence : 2 339 cerfs tués en 1973, contre 70 000 en moyenne ces dernières années, jusqu’à atteindre 87 202 en 2024, soit 35 fois plus qu’il y a cinquante ans.
Le roi déchu
Le retour en force de cet ongulé ne convient pas à tout le monde. Les cerfs, comme les chevreuils, sont des herbivores efficaces. Les cervidés ont de l’appétit pour les jeunes arbres fruitiers tels que les pommiers, les poiriers et les merisiers. Mais aussi pour les chênes, dont ceux plantés dans la sylviculture. Et lorsque ces mammifères sont en forte densité, cela cause des problématiques de régénération forestière.
« Les cerfs causent trois types de dégâts : ils abroutissent les arbres, c’est-à-dire qu’ils grignotent les jeunes pousses, ils frottent leurs bois contre l’écorce pour marquer leur territoire, et la consomment pour leur alimentation…
Auteur: Théo Tzelepoglou (La Salamandre)

