« Trop jeunes pour se faire écouter, assez grands pour se faire violenter » : les lycéens face à la répression policière

En réponse à leur colère, ils n’ont trouvé que mépris et violence. Depuis jeudi 24 septembre, partout en France, les lycéens se mobilisent devant leurs établissements pour réclamer de meilleures conditions d’apprentissage. Face à la vétusté de bâtiments où les élèves suffoquent l’été et grelottent l’hiver — particulièrement en Seine-Saint-Denis —, à la surcharge des classes et au manque d’enseignants et d’infirmières, ils demandent simplement les moyens de pouvoir étudier dignement.

La rénovation thermique des locaux est l’une des revendications qui revient le plus souvent. S’il n’y a pas de chiffres précis sur le nombre de lycées qui sont des passoires thermiques, la moitié du bâti scolaire date d’avant la Seconde Guerre mondiale. 86 % du parc devrait être rénové pour répondre aux normes basse consommation et 10 % présente un état de vétusté important. Au lycée Blaise Cendrars, en Seine-Saint-Denis, les élèves se plaignent notamment de ne pas avoir de rideau contre le soleil ni de chauffage l’hiver. À Bagnolet, dans le même département, des traces de matières fécales ont été analysées dans l’eau du robinet d’un collège.

Plutôt que de les écouter, le gouvernement a décidé de réprimer le mouvement, qui prend de l’ampleur : 356 établissements étaient bloqués mercredi 30 septembre, contre 338 la veille. Tandis que des élèves ont été gazés, plaqués au sol ou frappés, la répression policière a été particulièrement brutale contre certains mineurs, comme en témoignent les vidéos circulant sur les réseaux sociaux.

Trois enquêtes confiées à l’IGPN

Lundi 28 septembre, à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise, un adolescent de 14 ans participant au blocus de son lycée a été touché au visage par un tir de lance-grenades déclenché à quelques centimètres de lui. Transporté à l’hôpital, il présentait une double fracture de la…

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Auteur: Jeanne Cassard