Trop pollués, certains arbres finissent par polluer eux-mêmes

Oui aux arbres pour rafraîchir les villes… mais pas n’importe lesquels ! Des chercheurs de l’université Jinan de Canton, en Chine, ont ainsi découvert que certaines espèces augmentent indirectement la production d’ozone, un gaz qui contribue à la pollution de l’air.

Dans la revue Nature, le chercheur Bin Yuan explique que son équipe avait initialement pour objectif de comprendre l’impact de l’activité humaine sur la pollution par l’ozone. Mais elle a été surprise de constater que la végétation urbaine contribue bien davantage aux émissions d’ozone qu’on ne le pensait auparavant.

Plus précisément, les chercheurs ont découvert qu’environ 35 % des arbres de Pékin sont des émetteurs d’isoprène, un composé organique volatil — plus connu sous l’acronyme COV — qui, à la suite d’une chaîne de réactions chimiques et sous l’effet du rayonnement solaire, interagit avec les oxydes d’azote (NOx), issus du trafic routier et de l’industrie, pour former l’ozone. Attention donc, les plantes seules ne sont pas responsables de la pollution de l’air !

Certains arbres, comme les peupliers ou les saules pleureurs, sont de gros émetteurs d’isoprène. À Pékin où ces espèces sont présentes en nombre, la végétation contribue ainsi à 52 % des COV à l’origine de la formation d’ozone.

Pour autant, pas question de stopper les politiques de végétalisation, vitales pour faire face aux canicules. Pour Bin Yuan, interrogé par Nature, il faut surtout bien choisir les essences que l’on souhaite planter. D’autant qu’avec le réchauffement climatique, les arbres sont davantage stressés et… émettent encore plus de COV.

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