Les pensées intrusives et les compulsions auxquelles font face les malades atteints de TOC dégradent non seulement leur quotidien, mais raccourcissent aussi leur espérance de vie. De nouvelles recherches ont permis d’identifier de nombreux gènes impliqués dans ces troubles. Un premier pas vers une meilleure prise en charge.
De nombreuses zones d’ombres persistent dès lors qu’il s’agit de comprendre l’origine du trouble obsessionnel compulsif TOC) : ses causes exactes demeurent inconnues, tout comme les raisons de la grande variabilité des symptômes observés d’un malade à l’autre. On ne comprend pas davantage les raisons pour lesquelles certaines prises en charge, qu’elles soient pharmacologiques ou psychothérapeutiques, sont efficaces chez certains patients et non chez d’autres, ni leurs modes d’action précis.
Mes collègues et moi pensons toutefois avoir franchi une étape importante sur le chemin menant vers les réponses à ces questions. Nos travaux récents éclairent en effet d’un nouveau jour la génétique du TOC, ce qui pourrait permettre d’améliorer l’identification des personnes à risque, et mener à la mise au point de traitements plus efficaces.
Des troubles répandus
Les personnes souffrant de TOC sont victimes d’obsessions – pensées, peurs ou images mentales récurrentes, intrusives et indésirables – ainsi que de compulsions, c’est-à-dire de comportements répétitifs ou de rituels destinés à atténuer l’anxiété généralement suscitée par les obsessions. Par exemple, il n’est pas rare qu’un patient atteint de TOC se lave les mains des dizaines de fois, ou suivant un protocole précis pour éliminer des germes, même s’il a conscience que celui-ci est excessif.
Au niveau mondial, le TOC figure parmi les maladies les plus invalidantes. On estime qu’il affecte environ une personne sur cinquante, ce qui le classe parmi les dix principales causes d’années vécues avec…
Auteur: Carol Mathews, Professor of Psychiatry, University of Florida

