Trucs et astuces moyenâgeux contre le patronat

À rebours d’un rejet moral du travail, à rebours aussi des pré-conceptions du Moyen-Âge comme une période continue d’écrasement politique dans le système féodal, on lit ici une autre histoire de quelques stratégies d’émancipation collective par les corps de métiers manuels. Les corporations, confréries et compagnonnages dessinent du XIIe au XIXe siècle une généalogie du syndicalisme en-dehors des institutions étatiques. Cette tradition ouvrière et artisane rappelle aujourd’hui que l’entraide prolétarienne et l’affirmation d’un rapport de forces favorable dans la lutte des classes ont pris de multiples formes inattendues, perturbatrices et victorieuses au cours de l’histoire.

« Alors que le despotisme social était si dur, si impitoyable, est-ce que, dis-je, il n’était pas de nécessité que les opprimés dans tous les genre s’organisassent entre eux, à part de la grande société ? »
Robert du Var, Histoire de la classe ouvrière depuis l’esclave jusqu’au prolétaire de nos jours, 1846

La mise au travail est un des piliers de la contre-révolution en cours. Or le travail apparaît aujourd’hui comme une machine de répression complexe, à la fois affective et matérielle, qui répond aussi bien à la misère et l’ennui qu’à la perte de sens et à l’angoisse. Nul ne peut vraiment se dire à l’abri du travail, cette forme d’aliénation pernicieuse qui revient par la fenêtre quand on croit l’avoir virée par la porte. Intérimaire solitaire de la métropole, auto-entrepreneur du BTP, héritier de la queue de comète du mouvement ouvrier, je me sens souvent seul face à ce monstre très contemporain. Comme une époque peut parfois et bizarrement venir en aide à une autre, j’ai voulu suivre la piste des sectes ouvrières de la fin du Moyen-Âge : corporations, confréries et compagnonnages sont des formes d’organisations politiques qui apparaissent dès l’aube du…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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