Après l’invasion de l’Ukraine, l’Europe a basculé d’une dépendance énergétique russe à une importation massive de gaz américain. Mais le retour du climatosceptique Trump a la Maison Blanche, qui n’a pas caché sa volonté de forer à tout va et d’étendre la productivité énergétique américaine tournée vers l’export, ne serait-il pas dès lors l’occasion pour l’Europe de gagner en indépendance énergétique en misant sur la sobriété ?
L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis peut constituer un tournant majeur dans la géopolitique internationale et plus particulièrement sur les questions climatiques et environnementales. La première décision du président devrait être, comme il l’a annoncé durant sa campagne électorale, de sortir de l’Accord de Paris, puis de démanteler l’Agence de protection de l’environnement américaine. Il supprimera rapidement les taxes sur les émissions de méthane et remettra en cause la pause observée sur les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL), deux mesures mises en place sous l’administration Biden. Sur les questions énergétiques comme sur l’économie en général, Donald Trump souhaite envoyer des messages forts aux différents acteurs. En interne, sa vision est simple : casser toutes les barrières réglementaires ou fiscales pouvant limiter la production et le commerce d’énergies fossiles.
Vers l’extérieur, le slogan America is Back se traduira pour l’ensemble des relations commerciales en utilisant des outils favorisant les taxes à l’importation et favorisant à l’échelle globale une politique discrétionnaire fondée sur l’humeur, l’outrance et la communication de court terme. Déjà premier producteur de pétrole et de gaz, premier exportateur mondial de GNL et disposant des premières capacités d’exportations mondiales sur ce marché, les États-Unis détiennent d’emblée un pouvoir conséquent sur les deux…
Auteur: Emmanuel Hache, Adjoint Scientifique au sein de la Direction Economie et Veille, Économiste et prospectiviste, IFP Énergies nouvelles

