Cinq personnalités européennes privées d’entrée aux États-Unis parce qu’elles ont eu maille à partir avec l’administration Trump ou ses proches : l’annonce du département étasunien, le 23 décembre, est une nouvelle attaque contre la liberté d’informer. Parmi les personnes ciblées figurent deux responsables d’associations britanniques luttant contre la désinformation, Imran Ahmed, qui dirige le Centre de lutte contre la haine numérique, et Clare Melford, cofondatrice du Global Disinformation Index (GDI), qui étudie notamment la désinformation climatique. À leurs côtés : le Français Thierry Breton, ancien commissaire européen en faveur de la régulation des géants du numérique ; Anna-Lena von Hodenberg, fondatrice de HateAid, une ONG allemande luttant contre les violences en ligne ; et Josephine Ballon, de la même association.
Contacté par Reporterre, un porte-parole du GDI, qui tient à préserver son anonymat « par mesure de sécurité personnelle », fait remarquer : « Nous combattons la parole par la parole. Si seulement le gouvernement [étasunien] était assez courageux pour faire de même. »
L’administration étasunienne ne se contente donc plus seulement d’interdire à ses employés l’utilisation de certains mots, tels que « climat », « changement climatique » ou « transition énergétique ». Ces mesures marquent une nouvelle étape dans le contrôle des discours, avec une méthode plus simple : rendre la parole tout simplement impossible.
Dans sa déclaration, le secrétaire d’État Marco Rubio a accusé les cinq personnalités « d’efforts organisés pour contraindre les plateformes américaines à censurer, démonétiser et supprimer les points de vue américains ». Si le Global Disinformation Index a été ciblé, c’est potentiellement pour avoir publié récemment des rapports sur l’état de la désinformation climatique au Canada ou sur les stratégies de…
Auteur: Nicolas Celnik

