Les principaux responsables politiques californiens contestent avec véhémence l’envoi par Donald Trump de milliers de militaires dans l’État pour mater les protestations consécutives à une série d’arrestations de migrants. Un bras de fer dont l’issue aura des conséquences majeures pour l’avenir du pays.
En ce début de juin 2025, une série de raids spectaculaires visant à interpeller, puis à expulser des migrants sans papiers ont été menés dans de nombreux lieux emblématiques de Californie comme les Home Depot – ces grands magasins de bricolage qui emploient souvent des migrants et autour desquels d’autres migrants patientent souvent dans l’espoir d’être recrutés par des clients pour un chantier.
Cette opération spectaculaire a immédiatement relancé une confrontation ancienne entre la Maison Blanche et Sacramento, capitale de l’État de Californie. Sous l’impulsion de Stephen Miller, conseiller ultra-conservateur de Donald Trump, l’administration multiplie les arrestations dans un État où les immigrés – légaux ou non – constituent l’épine dorsale de l’économie locale, notamment dans l’agriculture, les services et la logistique.
La riposte n’a pas tardé. Gavin Newsom, gouverneur démocrate de Californie depuis 2019, refuse de coopérer. Il dénonce la stratégie de la Maison Blanche, qu’il qualifie de persécution visant les migrants et écrit sur X que « la poursuite d’opérations fédérales chaotiques, dans toute la Californie, pour atteindre un quota d’arrestations arbitraire, est aussi imprudente que cruelle. » Quelques jours plus tard, le 7 juin, alors que des manifestations ont éclaté à Los Angeles pour protester contre les arrestations, Trump ordonne le déploiement de la Garde nationale puis, le 9 juin, de 700 Marines – et cela, contre l’avis des autorités locales. Une intervention musclée du centre fédéral… dans un État qui ne demande rien.
Ce bras de…
Auteur: Elizabeth Sheppard Sellam, Responsable du programme « Politiques et relations internationales » à la faculté de langues étrangères, Université de Tours

