Les marchés financiers ont imposé à Trump un recul en rase campagne sur les droits de douane. Que les gouvernements soient de droite (comme celui de Liz Truss au Royaume-Uni, dont le projet de cadeaux fiscaux aux très riches a provoqué une crise financière à la City en 2022) ou de gauche (comme Syriza en Grèce, contraint à l’austérité en 2015), ils doivent composer avec les exigences des investisseurs. Une hausse des taux d’intérêt ou une fuite des capitaux peuvent rapidement rendre le financement de la dette insoutenable.
Cette pression des marchés est parfois relativisée par des économistes de gauche, au motif de l’abondance structurelle de capitaux qui cherchent à s’investir dans des titres sûrs (1). Mais celui-ci n’a en rien empêché les taux d’intérêt sur la dette américaine de commencer à flamber, signal d’alarme inquiétant pour un pays au budget fortement déficitaire (7 % du PIB, plus que la France).
La France, comme les pays de la zone euro et à la différence des États-Unis, ne peut pas imprimer de l’argent pour refinancer sa dette. En cas de défiance des investisseurs, les taux d’emprunt explosent. La BCE peut indirectement soutenir les États via le rachat de dette sur le marché secondaire. Mais elle ne le fait pas systématiquement, et certainement pas pour aider des politiques de redistribution des revenus et des pouvoirs. Un gouvernement qui ne veut se soumettre ni aux marchés financiers ni à la BCE doit trouver des mécanismes alternatifs. Plusieurs pistes existent.
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Auteur: Thomas Coutrot

