Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la politique étrangère des États-Unis à l’égard de l’Europe a connu une inflexion majeure. Alors que, lors de son premier mandat, l’administration Trump continuait officiellement à s’inscrire dans le cadre de l’alliance transatlantique entre les puissances européennes et les États-Unis, le second mandat marque une rupture profonde, assumée et théorisée.
Cette rupture ne consiste pas en une critique conjoncturelle de l’Union européenne (UE), mais en une volonté d’intervention directe et systématique dans les rapports de force politiques internes aux pays européens, au bénéfice des partis ou des gouvernements d’extrême droite et néofascistes.
Le document de « Stratégie de sécurité nationale » publié en décembre 2025 (NSS 2025) constitue à cet égard un texte clé. Sous couvert de défense de la « civilisation occidentale » et de l’ « identité européenne », l’administration Trump y désigne explicitement ses véritables « alliés » en Europe : non pas les États membres de l’UE ni leurs institutions, mais les forces politiques nationalistes, autoritaires et réactionnaires que Washington regroupe sous l’appellation de « partis européens patriotiques ».
Cette orientation s’accompagne d’une rhétorique complotiste, raciste et démographique — reprise de la théorie du « grand remplacement » et de la « guerre civilisationnelle » — et d’un soutien politique direct, assumé et parfois spectaculaire à ces forces.
Cet article analyse cette mutation stratégique, ses fondements idéologiques et ses implications concrètes. Il montre comment Trump et son entourage sont favorables à la montée électorale de l’extrême droite en Europe pour tenter de recomposer l’ordre politique européen, affaiblir l’Union européenne et promouvoir un bloc international néofasciste articulé autour du trumpisme et des intérêts des…
Auteur: romain romain

