Le rendez-vous est né d’un ras-le-bol. Celui d’observer les conférences onusiennes sur le climat — plus connues sous l’acronyme COP — piétiner d’année en année. Du 24 au 29 avril, la ville caribéenne de Santa Marta, en Colombie, accueille le tout premier sommet international dédié à la sortie des énergies fossiles. L’objectif est clair : « créer une dynamique politique irréversible », s’enthousiasme Selma Huart, d’Oxfam France.
Et pour ce faire, le pays hôte — à l’initiative de ce grand raout aux côtés des Pays-Bas — n’a pas hésité à changer les règles du jeu. « Les nations qui n’ont pas encore pris de décision ne sont pas les bienvenues, claquait le 17 avril dans The Guardian la ministre colombienne Irene Vélez Torres. Nous n’accepterons ni les boycotteurs, ni les climatosceptiques à la table des négociations. » Un tacle à peine dissimulé à Donald Trump, Javier Milei et tous les leaders œuvrant à freiner les ambitions climatiques.
Réussir ce que les COP ont échoué
À contre-courant des COP traditionnelles, cette séquence de négociations s’appuie uniquement sur les forces volontaires. Une façon de contourner le processus habituel centré sur le consensus, et ainsi sortir de l’impasse entretenue par certains. Les États-Unis, la Chine, l’Inde, la Russie et les pays du Golfe producteurs de pétrole ne seront donc pas présents à Santa Marta.
Cinquante-quatre pays ont à l’inverse confirmé leur participation. Parmi eux, figurent le Royaume-Uni et l’Union européenne, le Canada, l’Australie ou encore la Turquie, hôte de la future COP31. Quelques États exploitant les fossiles — comme le Nigeria, l’Angola, le Mexique et le Brésil — composent aussi cette liste, complétée par des pays parmi les plus vulnérables à la crise climatique, dont des îles du Pacifique. À eux tous, ces participants constituent un cinquième de la production planétaire et un…
Auteur: Emmanuel Clévenot

