La sphère médiatique semble déconcertée : lors de son premier mandat, Trump avait baissé les droits de douane, désormais, il les relève ; il joue la Russie, puis l’Ukraine. La conclusion ? Trump serait « imprévisible ». Rien n’est plus faux : Donald Trump a derrière lui une équipe, un agenda, un plan cherchant à enrayer le déclin des valeurs « américaines ». Ce plan peut être qualifié de « libertarien », un courant qui valorise le talent individuel, la famille, le patrimoine et la religion. La liberté y prime sur l’égalité, et la morale sur l’État de droit.
Le fait est quasiment passé inaperçu. Certains médias s’en sont fait l’écho mais en limitant son importance, évoquant une minorité « d’extrémistes » avec lesquels Donald Trump avait dû composer. En avril 2023, la Heritage Foundation, l’un des plus importants think tank conservateur, publie un plan de 922 pages intitulé « Mandate for Leadership.The Conservative Promise ».
Le document est issu d’une vaste concertation des think tanks conservateurs, 53 d’entre eux figurent dans le conseil d’orientation. Tout est détaillé, des fonctions de la Maison Blanche au rôle des différentes agences gouvernementales ou à celui des fonctionnaires. L’Agenda 47 de Trump, ou programme du 47e président des États-Unis, est très similaire, et ce qu’il décide depuis quelques mois va dans le même sens. Le fil conducteur est libertarien, courant politique relativement méconnu en France.
La promesse des conservateurs
Le « Mandate for Leadership » peut être résumé en un certain nombre de points structurants : la famille, les valeurs virilistes, l’anticommunisme, la caporalisation des organisations, étatiques ou non, qui doivent porter les valeurs conservatrices. Les mesures en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion doivent être entièrement supprimées et sont même qualifiées de « racistes »,…
Auteur: Fabrice Flipo, Professeur en philosophie sociale et politique, épistémologie et histoire des sciences et techniques, Institut Mines-Télécom Business School

