Traduit par bilaterals.org.
En septembre 2025, nous nous réunissons à Bruxelles pour commémorer le 25e anniversaire de la Coalition européenne pour la justice commerciale (ETJC). Au cours du dernier quart de siècle, l’ETJC a mené un plaidoyer et une résistance organisés, allant de la participation à des événements comme Seattle en 1999, à la contestation des politiques de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et des initiatives de libre-échange à travers le monde. Pendant 25 ans, la coalition a constamment milité contre les modèles commerciaux privilégiant les profits des multinationales au détriment du bien-être social et environnemental.
Mais nous sommes également ici pour aborder des questions difficiles. Commençons par un problème profondément délicat, un sujet que nous n’aimons pas aborder, mais que nous ne pouvons ignorer : pourquoi, lorsque les États-Unis adoptent précisément l’agenda protectionniste que nous défendons depuis des décennies, semble-t-il que le mouvement se retrouve sans orientation politique ? En d’autres termes, Trump nous a-t-il laissés sans objectifs ? Comment se fait-il que, lorsque quelqu’un de réellement puissant critique enfin le libre-échange, nous ne sachions pas quoi répondre ?
Prenons un exemple concret : pendant des décennies, nous avons dénoncé l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) comme « le pire traité de l’histoire », et Trump l’a renégocié. Nous avons critiqué les accords de libre-échange pour avoir détruit des emplois industriels, et Trump a imposé des droits de douane pour « protéger les travailleurs américains ». Nous avons mis en garde contre les risques du traité transpacifique, et il a retiré les États-Unis de l’accord. Nous avons dénoncé l’OMC comme une instance multilatérale de façade dont les politiques favorisent les multinationales, et Trump l’a paralysée en bloquant son organe de règlement des…
Auteur: Luciana Ghiotto

