L’administration Trump a pris les rênes à Washington en menant une véritable guerre de classe, en désignant des boucs émissaires parmi les groupes opprimés et en restructurant en profondeur l’appareil d’État.
Parallèlement à cette offensive intérieure, elle a mis en œuvre une nouvelle stratégie d’unilatéralisme radical sous la bannière de « America First » : elle a imposé des tarifs douaniers sans précédent, menacé d’annexer des territoires souverains et engagé une rivalité féroce avec les autres grandes puissances pour le partage du monde en zones d’influence.
Dans cet entretien, Ashley Smith interroge Michael Roberts sur Donald Trump, les oligarques qui l’entourent et les répercussions de leur projet sur la trajectoire des États-Unis, le capitalisme mondial et la concurrence impérialiste.
***
Ashley Smith — Le régime Trump vient de franchir le cap des cent premiers jours. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il bouleverse en profondeur l’ordre politique et économique, aux États-Unis comme à l’échelle mondiale. Ce second mandat tranche nettement avec le premier, marqué par l’impréparation et les divisions internes entre républicains de l’establishment et nouveaux nationalistes autoritaires.
Désormais, l’équipe au pouvoir affiche une plus grande cohérence, articulée autour du Projet 2025. Mais elle reste traversée par des tensions : entre l’extrême droite MAGA — protectionniste, à l’image de Peter Navarro — et des capitalistes comme Elon Musk, qui voient dans les droits de douane un levier pour obtenir un meilleur rapport de force au sein du système mondial.
Quelle est la nature de ce régime Trump 2.0 ? Quelles lignes de fracture le traversent ? Et quel programme commun ces différentes factions cherchent-elles à mettre en œuvre ?
Michael Roberts — Comme vous le soulignez, Trump 2.0 se distingue nettement de son premier mandat. Il peut toujours…
Auteur: redaction

