Il n’a fait aucune différence entre le niveau national et le niveau mondial, comme si la politique intérieure des Etats Unis et sa politique étrangère étaient une même chose, comme si le monde appartenait aux Etats-Unis : les mêmes mots, les mêmes thèmes que dans ses meetings, « l’immigration menaçante, le mensonge de l’Ecologie, le terrorisme », et jusqu’à la dénonciation de son prédécesseur l’ex président Biden, sans se soucier de protocole, de tradition, pour dire exactement tout ce qu’il veut, sans aucun frein, sans aucune retenue, sans surmoi. Il parle d’un ton monocorde, sans une virgule, passant d’un sujet à l’autre sans transition. Il parle avec un aplomb stupéfiant, une assurance totale, donnant des chiffres, des pourcentages incontrôlables, et parfois, d’évidence, invraisemblables, mais ceci ne semble pas du tout le préoccuper, le plus important étant qu’ils frappent l’opinion. Il y a aussi, dans ce discours, une méfiance marquée envers la science. Comme il avait parlé dans son premier mandat de l’arnaque du coronavirus, il dénonce cette fois ci celle du changement climatique.
Le discours est d’une brutalité inouïe. L’assistance composée des représentants des nations du monde, semble sidérée. Elle va d’ailleurs applaudir à la fin comme soulagée par les dernières paroles de Trump, qui, habilement, tempère son propos par un hommage aux peuples, aux nations rassemblées, à leur richesse culturelle. Technique d’évidence de l’homme d’affaires qui alterne le chaud et le froid et qui détend l’atmosphère après avoir tétanisé l’adversaire. Mais ici, l’homme d’affaires a le pouvoir et il est à la tête de la nation, peut être encore, la plus puissante du monde, et on devine, en lui, une sorte d’ivresse de pouvoir qui se développe rapidement, dans un narcissisme extrême. C’est peut-être le plus inquiétant.
Les Nations-Unies
Tout le discours est empreint…
Auteur: Djamel LABIDI

