Emmanuel Macron veut autoriser davantage d’abattages de loups au nom de la protection du pastoralisme. « On ne va pas laisser le loup se développer dans les terres où l’élevage s’est installé, on a besoin de défendre le modèle de pastoralisme, ce n’est pas compatible », a plaidé le chef de l’État le 3 juillet, lors d’un déplacement à Roquefort-sur-Soulzon, capitale aveyronnaise du fromage.
Comprendre, « il faut, comme on dit pudiquement, le prélever davantage et plus tôt », a-t-il précisé. Le président se fonde notamment sur la récente décision au niveau européen de déclasser le statut du loup, devenu une espèce « protégée » et non plus « strictement protégée ». La déclaration, saluée par le syndicat agricole majoritaire et productiviste, la FNSEA, mais décriée par les associations de défense de la biodiversité, a suscité une vive controverse.
De son côté, le cinéaste Jean-Michel Bertrand appelle à cesser « d’instrumentaliser » cet animal « à des fins électoralistes », en présentant « une réponse simpliste à un problème complexe ». Réalisateur de plusieurs documentaires sur le loup — La Vallée des loups (2016), Marche avec les loups (2019), Vivre avec les loups (2024) —, il observe son comportement dans les Alpes depuis plus de dix ans. Il est aussi parti à la rencontre des éleveurs qui tentent de coexister avec ce prédateur « opportuniste ».
Reporterre — Que pensez-vous des déclarations d’Emmanuel Macron ?
Jean-Michel Bertrand — C’est affligeant. J’attendais un peu plus de discernement et de hauteur de vue. Ces déclarations, c’est pour caresser dans le sens du poil le lobby de la frange la plus conservatrice de la chasse et de l’élevage. C’est une instrumentalisation du loup à des fins électoralistes, en surfant sur une pseudo-opposition entre urbains et ruraux, dans un contexte de régression sur la protection de…
Auteur: Léa Guedj

