« S’il y a bien un moment où on a besoin d’une maison des syndicats, c’est maintenant », insiste Alexandra Niola, secrétaire de l’union locale CGT de Tarascon. Depuis des mois, son syndicat bataille en intersyndicale pour le maintien des emplois et de l’usine de pâte à papier de l’entreprise Fibre Excellence, placée en redressement judiciaire en avril 2026 et employeur majeur de la commune.
Mais cette ville des Bouches-du-Rhône de 15 000 habitants a basculé dans l’escarcelle du Rassemblement national lors des élections municipales de mars dernier. Son nouveau maire d’extrême droite, Alexandre Ducouret, semble quelque peu susceptible. Piqué au vif en juin par le refus des syndicats de Fibre Excellence de le laisser s’exprimer lors de l’une de leurs conférences de presse, l’édile a annoncé séance tenante qu’il allait faire fermer la maison des syndicats.
Joignant la parole au geste, le maire s’est fendu d’un courrier recommandé le 2 juillet à la CGT et Force ouvrière, les deux syndicats qui utilisent le lieu, pour les informer qu’il mettait fin à la convention signée avec la ville en 2013, qui leur permet d’occuper la maison des syndicats. Prenant le prétexte de vouloir y loger le service municipal de la défense des droits des femmes et celui de l’occupation du domaine public, il a fixé un préavis aux syndicats, les enjoignant de quitter les lieux au 15 septembre. Sans aucune proposition de relogement.
Le Planning familial ou le Secours populaire également visés
Le maire de Tarascon n’est pas le premier élu RN à s’en prendre directement aux locaux syndicaux dans sa ville. Avant lui, à Carcassonne (Aude), lors d’un conseil municipal, un mois après son élection, Christophe Barthès annonçait qu’il mettait fin à l’attribution de locaux par la ville aux syndicats CGT, CFDT, FSU et Solidaires, après que ces derniers ont apporté leur soutien à une manifestation de lycéens contre…
Auteur: Stéphane Ortega
