Tunisie, correspondance
Vagues géantes, voitures renversées, routes éventrées, rues complètement immergées sous des eaux brunâtres. De Tunis à Sousse en passant par Nabeul, les mêmes images choquantes. En quelques heures, les villes de la côte tunisienne se sont retrouvées noyées sous les averses provoquées par la tempête Harry, qui a traversé le pays du 19 au 21 janvier.
Au même moment, des pluies torrentielles s’abattaient sur l’Algérie, notamment à Chlef et Aïn Defla, à 160 km à l’ouest d’Alger. Quant au Maroc, déjà touché par la tempête Emilia en décembre, d’intenses précipitations ont provoqué l’évacuation de 140 000 personnes dans le nord du royaume entre le 28 janvier et le 5 février.
À Tunis, le record de pluie de cinquante ans a été battu, tandis qu’au Maroc les précipitations ont augmenté de 95 % en un an. Des épisodes de plus en plus violents, qui se multiplient dans toute l’Afrique du Nord. Même les villes libyennes sont régulièrement touchées par des inondations hivernales depuis deux ans, notamment à Tripoli.
Le pays est encore traumatisé par le passage de la tempête Daniel, en septembre 2023, qui avait provoqué l’effondrement d’un barrage dans l’est libyen, faisant plus de 20 000 morts. En plus des dégâts matériels, les inondations des dernières semaines ont aussi fait des dizaines de victimes en Tunisie, en Algérie et au Maroc.
Dans tous ces pays, la presse locale se fait l’écho de critiques croissantes envers les autorités : absence d’implémentation de la stratégie de réduction des risques en Tunisie, manifestations contre le manque d’assistance en Algérie, et erreurs d’urbanisme au Maroc.
« Des systèmes d’évacuation des eaux sous-dimensionnés contribuent à la gravité des inondations », explique Giacomo Parrinello, historien spécialiste des crises environnementales, notant que la réactivité et les moyens des dispositifs…
Auteur: Driss Rejichi

