Tweets de politiques français proches du régime russe, publications et publicités ciblées issues de profils (ou faux profils) localisés en Russie, faux sites internet… De 2016 à aujourd’hui, des milliers de données issues des réseaux sociaux X (anciennement Twitter) et Facebook ont été analysées par le directeur de recherche au CNRS David Chavalarias et son équipe grâce à des logiciels libres créés sur mesure. Ce projet baptisé Politoscope se base sur 700 millions de messages publiés sur X (ex-Twitter) par près de 17 millions d’utilisateurs.
Pré-publiée lundi 30 juin, l’étude de David Chavalarias livre une analyse scientifique — intitulée « Minuit moins dix à l’heure de Poutine » — qui révèle la stratégie d’influence de la Russie pour déstabiliser la démocratie française… et aider un parti favorable aux intérêts de Poutine, en l’occurrence le RN, à accéder au pouvoir.
On apprend notamment qu’« abattre le front républicain » est un souhait du Kremlin. Comment ? Il faut pour cela le « rendre sans objet en normalisant l’extrême droite. […] C’est ce à quoi s’emploie le Rassemblement national depuis plusieurs années. Le seconde stratégie consiste à faire en sorte que les partis de gouvernement se détestent au point de ne plus pouvoir faire front républicain. C’est ce à quoi s’emploie le Kremlin depuis plusieurs années ».
Cette offensive porte ses fruits si l’on en croit l’actualité la plus récente : certains candidats d’Ensemble (majorité présidentielle) ont ainsi refusé de se désister pour faire barrage à l’extrême droite lors des triangulaires au second tour des législatives. « Dans un contexte de reconfiguration brutale de l’espace politique suite à la dissolution de l’Assemblée nationale, les efforts du Kremlin sont sur le point de payer », écrit David Chavalarias.
L’étude révèle également que l’objectif russe est de faire…
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Auteur: Zoé Dert-Chopin

