Typhaine D : quand la justice décortique la violence masculine en ligne

Qui aurait pu penser que l’écriture inclusive pouvait mener au tribunal ? Sûrement pas l’artiste Typhaine D. « Au bucher ! Sorcière ! », « Il faut la piquer », « Je déboiterai bien une bonne féministe », « Sale pute de Femen, le seul mot féminin que tu dois connaitre c’est ‘cuisine’ » (sic)… Des messages comme ceux-là, Typhaine D en a reçu des milliers en juillet 2022, après avoir participé à une émission du Crayon.

Le média en ligne avait publié un très court extrait de la vidéo sur les réseaux sociaux – manifestement pour créer la polémique –, dans lequel Typhaine D défendait l’usage de la Féminine universelle, une version de la langue française féminisée, pensée pour sensibiliser à l’usage excessif du masculin « neutre ». Un extrait, et une vague de harcèlement en ligne. Un an après le début des insultes, des incitations au viol et au meurtre, l’artiste a porté plainte contre X, et onze hommes ont été retrouvés.

Évolution de la justice

Les procès comme celui-ci sont encore peu nombreux en France. Les politiques peinent encore à encadrer les dérives des grandes plateformes – en témoigne la dernière commission d’enquête parlementaire sur TikTok –, et la justice à du mal à suivre le rythme des flots de haine en ligne. D’après une étude Ipsos, 70 % des plaintes déposées pour des faits de harcèlement en ligne n’ont donné lieu à aucune poursuite. Pour pouvoir faire comparaître des prévenus, encore faut-il avoir les moyens de les identifier.

86 % des plaintes pour des faits de violences sexistes et sexuelles sont classées sans suite en France.

Fait encore plus rare : lorsqu’elle arrive au commissariat de son quartier pour porter plainte, Typhaine D est directement reconnue par les officiers. Ils avaient repéré la vague de cyberharcèlement, et s’attendaient à ce qu’elle se…

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Auteur: Salomé Dionisi

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