Typologie et ressorts de la dépendance au smartphone

Cet article propose un état des lieux des mécanismes à l’œuvre dans la fabrication de la dépendance au smartphone. La typologie proposée permettra on l’espère d’éclairer les usagers sur leur propre utilisation de l’objet, et d’esquisser des pistes pour mettre fin à cette dépendance. Nous définissons la dépendance au smartphone comme la difficulté voire l’impossibilité de se passer de l’objet, malgré la conscience répandue que le temps passé dessus est du temps gâché. La dépendance des usagers à leur smartphone revêt trois aspects :

  • aller sur son smartphone  : le sortir de sa poche et le déverrouiller (être capté) ;
  • une fois qu’on est dessus y rester longtemps  : ne pas le remettre dans sa poche même si l’action pour laquelle on l’a pris a été réalisée (être captivé) ;
  • avoir des difficultés à s’en détacher même si on le souhaite (être captif).

A côté, on distinguera trois domaines responsables de la dépendance de l’usager : la conception de l’objet en lui-même, les institutions organisant la vie en société (État et entreprises), et l’entourage de l’usager.

I. Le smartphone, un objet conçu pour rendre dépendant

Le smartphone lui-même, dans sa conception et son principe de fonctionnement, est surtout à l’œuvre dans deux types de pression : capter l’utilisateur (aller souvent sur le smartphone) et le captiver (y rester longtemps).

L’estimation du nombre de déverrouillages quotidiens (ou nombre de consultations) du smartphone varie selon les pays, les années et les études. C’était 186 fois par jour pour un états-unien en 2025, quand une étude de 2019 estimait à 221 le nombre de consultations quotidiennes du smartphone. Cette frénésie du déverrouillage s’explique par la réception continue de notifications. Celles-ci sont l’ensemble des encarts textuels apparaissant sur l’écran et transmettant une information à l’usager. Dans les faits,…

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Auteur: dev