Ukraine : La ligne rouge — Djamel LABIDI

Il pourrait être aussi utilisé pour envoyer des missiles à moyenne portée, capables d’atteindre le territoire russe, ce que les États Unis disent exclure. Garantie bien fragile. Le lundi 30 mai, le président Biden avait déclaré exclure la livraison de telles armes, mais le mardi 31 mai, dans un interview au New York Times il se ravise et annonce l’envoi de ces armes, excepté des missiles de moyenne portée. Il précise que « c’est pour que l’Ukraine soit dans la position la plus forte possible en cas de négociations avec la Russie. » Il s’agit donc d’une escalade, celle-ci considérable, dans la guerre indirecte qu’alimente par des flux d’armes permanents et de plus en plus lourdes les États Unis contre la Russie.

Ce 1er juin, Colin Kahl présente aux journalistes l’ensemble des livraisons d’armes étasuniennes, avec force détails, comme s’il s’agissait d’électroménager. Cela prêterait à sourire si ce n’était immensément tragique. Ces envois d’armes pourraient être faits, en silence, discrètement .Non, la provocation est manifeste et assumée. La ligne rouge est chaque fois repoussée et on veut le montrer avec bruit et publicité. Le scénario est cousu de fil blanc : chaque fois que l’Ukraine est en difficulté militaire, les États-Unis semblent lui avoir suggéré les types d’armes dont elle aurait besoin et l’Ukraine en fait alors la demande.

Où va-t-on ainsi. Dans leur évaluation de la situation, les États-Unis s’obstinent à ne pas prendre en compte le risque nucléaire, au contraire de la Russie qui rappelle ce danger sans cesse.

Un conflit régional ?

Pour nier ou minimiser le risque nucléaire, les officiels étasuniens, et avec eux tous les idéologues et propagandistes du système de production et de diffusion de l’information occidentale, veulent considérer la guerre en Ukraine comme un conflit régional. Dans ce sens, ils font, dans leurs analyses, sans cesse la comparaison avec les guerres régionales précédentes, Vietnam, Irak, Lybie, Yougoslavie, Afghanistan. Cette comparaison est fausse et cette erreur d’analyse peut donner lieu à une tragédie totale. Quand la Russie, défaite, quitte l’Afghanistan, et quand les États-Unis, défaits, quittent aussi l’Afghanistan ou d’autres pays où ils sont intervenus, ils ne subissent pas une défaite vitale et ils ne la vivent pas en tant que telle, elle ne remet pas en cause leur place dans le monde. Leur existence historique n’est pas menacée. C’est une péripétie de l’Histoire. Mais là, en Ukraine, pour…

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Auteur: Djamel LABIDI Le grand soir

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