Uranium russe et double discours français
Depuis 2022, alors que la Russie impose la guerre à l’Ukraine (infligeant des destructions de villes et villages, du réseau électrique, des infrastructures énergétiques, de l’environnement…), la France se présente comme un pilier du soutien à l’Ukraine : aide financière, livraisons d’armes, accueil de réfugiés. Ce qui est essentiel. Pourtant, dans l’ombre, trois grandes entreprises publiques françaises du secteur nucléaire continuent de faire des affaires avec Rosatom, l’entreprise d’État du nucléaire russe au service de Vladimir Poutine. Greenpeace France a documenté l’arrivée régulière de cargos chargés d’uranium russe au port de Dunkerque, en pleine guerre.
Le cargo Baltiyskiy au port de Dunkerque le 10 décembre 2025. © Greenpeace
« La France ne peut pas se targuer d’être indépendante énergétiquement grâce au nucléaire tout en important massivement de l’uranium russe. C’est une dépendance inacceptable, surtout quand on connaît le rôle de Rosatom dans la guerre en Ukraine. » — Pauline Boyer, chargée de campagne Nucléaire, Greenpeace France.
Comment la France peut-elle, d’un côté, condamner la guerre en Ukraine et, de l’autre, financer indirectement l’effort de guerre russe via son commerce d’uranium avec Rosatom ? Ce double discours est d’autant plus choquant que les entreprises impliquées sont publiques, donc sous contrôle de l’État : Framatome, Orano et EDF.
Pour rappel, ces entreprises sont :
- Framatome, qui fournit des services essentiels à l’industrie, dont la construction de certains matériels de commande et l’assemblage du combustible à base d’uranium pour alimenter les réacteurs nucléaires.
- Orano, qui est impliquée de la mine d’uranium jusqu’aux déchets radioactifs.
- EDF, qui construit et exploite toutes les centrales nucléaires de France.

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Auteur: Greenpeace France

