Les chercheurs ukrainiens documentent en temps réel la destruction de leur environnement. Avec l’idée d’estimer ce qu’il sera possible de restaurer, comment et en combien de temps.
La guerre se poursuit, mais les chercheurs ukrainiens n’arrêtent pas leurs travaux pour autant. Au contraire. Sous la menace des bombardements et des frappes de drones, malgré les coupures d’électricité, ils continuent de travailler et de publier.
Perrine Poupin, chercheuse en sciences sociales à Grenoble, avait suivi en Russie un mouvement exceptionnel de mobilisation d’habitants contre un projet de décharge qui aurait été la plus grande d’Europe. La déclaration de guerre contre l’Ukraine l’a contrainte à quitter le pays. Elle a alors déplacé son champ de recherches. Aujourd’hui, elle identifie les chercheurs ukrainiens qui travaillent sur le sujet de la pollution et de la destruction de l’environnement. Et mène des entretiens pour comprendre le rapport à un territoire détruit et souillé, dans lequel les habitants doivent continuer de vivre ou que les exilés ont quitté. Faute d’avoir les autorisations pour se déplacer dans ce pays en guerre, elle rencontre notamment ceux qui travaillent en Pologne.
S’adapter à la situation
« Beaucoup de ces chercheurs ont tissé de forts liens avec l’Académie des sciences de Varsovie depuis la guerre, explique Perrine Poupin. D’autres ont depuis longtemps…
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