Le ministre des Affaires étrangères, ainsi que plusieurs autres ministres et hauts responsables, viennent d’être remplacés. L’administration présidentielle ressort renforcée de cet épisode. En ce qui concerne la suite de la guerre, il est possible désormais d’envisager trois scénarios, dont chacun correspond, toutes choses égales par ailleurs, à des séquences clés de l’histoire de France au XXe siècle durant la Première Guerre mondiale et les guerres d’Indochine et d’Algérie.
Alors que l’attention internationale se concentre généralement sur les évolutions militaires du front, comme cet été au sujet de l’offensive de Koursk ou de la situation dans le Donbass, il est crucial de ne pas négliger les dynamiques politiques à l’arrière. En effet, la stabilité du régime ukrainien pendant la guerre a un impact majeur sur la conduite des opérations militaires et sur le moral de la population. De ce point de vue, le remaniement politique majeur de septembre, qui a concerné une dizaine de ministres et plusieurs hauts fonctionnaires, soulève des questions fondamentales.
Quelles sont les implications de ce remaniement pour la stratégie de Kiev, alors que le « narratif de la victoire » est indispensable pour maintenir le soutien populaire et international ?
Pour y répondre, trois scénarios prospectifs peuvent être explorés, chacun offrant une perspective différente sur l’évolution possible du régime ukrainien face à l’enlisement de la guerre. Ces trajectoires doivent permettre de réfléchir à des dynamiques probables en fonction des choix politiques actuels et des contraintes existantes.
Un régime politique sous tension en raison de la guerre
Il convient tout d’abord de bien contextualiser le plus grand remaniement depuis le début de la guerre, sur le plan politique et institutionnel. Politiquement, la guerre a inévitablement contribué au renforcement du pouvoir exécutif, et ce d’autant…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Florent Parmentier, Secrétaire général du CEVIPOF. Enseignant, Sciences Po

