Les forces militaires Azov sont progressivement intégrées dans l’architecture sécuritaire de l’Europe occidentale. Depuis le début de l’invasion russe et l’escalade du conflit ukrainien en 2022, les médias allemands présentent des reportages « émouvants » sur le front, relatant le destin individuel de membres de cette unité d’élite et les faisant passer pour « les gentils garçons d’à côté ». La chaîne Welt TV, propriété du groupe Springer, a même présenté à ses téléspectateurs le premier reportage sur la vie d’un volontaire originaire de Mecklembourg-Poméranie occidentale et de son père fier, ancien conducteur de char Gepard de la Bundeswehr. L’intégration des unités Azov dans les forces armées ukrainiennes et leur réarmement, principalement avec des armes allemandes, nécessite un discours qui présente leurs combattants comme des patriotes sincères et des alliés fidèles de la « démocratie combattante ».
L’appareil de propagande Azov tente manifestement de fournir l’historiographie qui va avec. En première ligne, la maison d’édition Rainshouse, basée à Kiev et dirigée par Olexij Reins, nouveau idéologue en chef depuis la mort du philosophe Azov Mykola « Kruk » Kravchenko en mars 2022. Reins, qui sert également dans la 3ème brigade d’assaut Azov, qui constitue l’épine dorsale du 3ème corps de l’armée ukrainienne, redouble d’efforts pour blanchir le passé encombrant – les organisations historiques qui l’ont précédée, leurs dirigeants, leurs idéologies, leurs théories, leurs symboles, leurs rituels et leurs actes.
Dans son livre What Is Azov from Ukraine ? Exclusive Inside Look, publié fin 2023 en anglais et destiné à un public occidental, il affirmait vouloir démystifier les « mythes » répandus par la Russie et d’autres ennemis et prouver que les unités Azov ne sont composées que d’idéalistes nationalistes. Cette mission a échoué de manière…
Auteur: Susann Witt-Stahl

