Un accident nucléaire peut-il se produire en France ?

[3/5 — Le nucléaire n’est pas bon pour le climat] Face aux lobbies qui présentent le nucléaire comme LA solution au défi climatique, Reporterre a mené l’enquête. Comment l’atome s’est-il imposé dans le débat public ? Un accident grave est-il possible en France ? La sobriété n’est-elle pas la meilleure solution à l’urgence climatique ?


Comme Reporterre l’a analysé dans les parties 1 et 2 de cette enquête, on ne peut pas ignorer la possibilité d’un accident nucléaire, en France pas plus qu’ailleurs. Et si les médias et presque tous les politiques glissent sur le sujet, les responsables de la sûreté, eux, le prennent très au sérieux, avec une anxiété permanente. Bernard Doroszczuk, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’a rappelé le 19 janvier dernier : « Un accident nucléaire est toujours possible et ceux qui prétendraient le contraire prennent une grande responsabilité. Il faut rester réaliste. Un accident nucléaire est toujours possible et cela suppose de l’anticipation. » Son prédécesseur, Pierre-Franck Chevet, l’avait reconnu dès 2012 : « L’accident est possible », disait-il à l’Assemblée nationale. Ce n’est pas une déclaration en l’air.

Depuis plus d’une dizaine d’années, avant même Fukushima en 2011, la préparation à l’accident a été engagée en France : le Codirpaa été créé en 2005, et dès 2007 il produisait des scénarios d’accident radiologique majeur. Le travail a été amplifié en 2014 avec un Plan national de réponse intitulé « Accident nucléaire ou radiologique majeur ». Il existe même un site officiel pour se préparer et un « guide pratique pour les habitants d’un territoire contaminé par un accident nucléaire ». De la même manière qu’une pandémie majeure a fini par se produire — comme l’annonçaient de longue date les spécialistes des virus —, de même les accidents nucléaires ont une probabilité de récurrence importante, et sont même « inévitables », selon l’ex-directeur de l’Agence de sûreté nucléaire des États-Unis, Gregory Jaczko.

Aussi désagréable que cela soit, il faut donc intégrer l’hypothèse de l’accident nucléaire dans toutes les réflexions visant à atténuer les émissions de gaz à effet de serre. Et malheureusement, de nombreux faits poussent à penser que cette hypothèse monte en probabilité.

Des points stratégiques…

La guerre en Ukraine, avec les menaces sur les centrales de Tchernobyl et de Zaporijia, a rappelé la gravité potentielle…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Hervé Kempf Reporterre

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