Dans cette société frauduleuse où tout est factice et stupide, nous ne sommes pas habitués à une telle sincérité. Nous sommes habitués à la culture dominante insipide, fabriquée à New York et Los Angeles, à des célébrités décérébrées qui ne parlent jamais de rien de sérieux, à un activisme Instagram qui s’auto-glorifie, à des formations politiques artificielles conçues pour canaliser le mécontentement populaire dans le soutien à une politique du statu quo, à des discours libéraux bidons du genre « Je vous entends, je suis avec vous [mais je ne ferai rien] », à une propagande et une diversion sans fin des médias de masse et de leurs équivalents en ligne stimulés par les algorithmes des ploutocrates de la Silicon Valley, et à une dystopie où presque toute la population est somnambule, plongée dans un brouillard psychotique.
À l’ombre de l’empire occidental, nous avons été conditionnés à nous attendre à tout cela. Et puis, sorti de nulle part, un gars de l’armée de l’air arrive et fait quelque chose de vrai. Quelque chose d’aussi authentique et sincère que possible, avec les intentions les plus nobles.
Il s’est filmé en direct en train de s’immoler par le feu et de brûler vif pour attirer l’attention du public sur l’horreur des atrocités commises à Gaza avec le soutien des États-Unis. Sachant parfaitement à quel point ce serait douloureux. Sachant parfaitement qu’il mourrait ou qu’il survivrait avec d’horribles brûlures pires que la mort. Sachant très bien qu’une fois qu’il aurait enflammé la substance aspergée sur son corps, il n’y aurait pas de retour en arrière.
Il n’a pas reculé. Il n’est pas rentré chez lui pour se gaver de snacks, bavarder sur les forums de discussion et chercher un échappatoire abrutissant sur Netflix ou Pornhub. Il a allumé la flamme. Il a même eu du mal à l’allumer au début, mais il l’a fait quand même.
Rien dans notre société ne peut…
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Auteur: Caitlin JOHNSTONE

