« Un agresseur ne sera jamais un bon collègue, ni un bon médecin »


Sonia Bisch revient sur son parcours personnel et sa lutte contre les violences obstétricales et gynécologiques (VOG), qui l’a menée à la fondation de l’association Stop VOG France. Le mercredi 29 mai à 18 heures, une mobilisation devant le ministère de la Santé est organisée afin d’obtenir « des mesures concrètes » contre les violences sexuelles et sexistes dans la santé.


En 2017, j’ai créé ce collectif à la suite des violences obstétricales que j’ai subies lors de mon premier accouchement. Jamais je n’aurais pu imaginer que certain·es professionnel·les de santé commettent des violences. Tant qu’on n’est pas directement concerné, cela semble impensable. Ces violences ont eu des répercussions dramatiques sur ma vie personnelle, professionnelle et familiale, sur mon couple et mon lien avec mon enfant. En sortant de la maternité, j’étais comme morte, sans que ça se voie. Malgré la gravité des faits et de mon état, personne n’entendait ma souffrance, ma parole était remise en cause. Au lieu d’être soutenue, j’étais poussée au silence, je dérangeais.


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Confrontée au tabou dans la société, au déni de mon entourage et des soignant·es, et à la difficulté de porter plainte contre un médecin, j’ai dû lutter pour ne pas sombrer, accompagnée par des professionnel·les du soin psychique et psychocorporel pour me réparer. En militant, j’ai refusé la fatalité et ces injustices dans le but d’épargner d’autres personnes. Pour briser le déni et agir concrètement, il fallait diffuser des témoignages auprès du grand public et du milieu médical : les VOG devaient devenir une cause féministe et une question de santé publique…

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