Un amour de clown : notre Joker

Contrairement au premier, le second Joker (Folie à 2) ne semble pas être un nécessaire objet de discussion, un must-see qui trouvera à contenter à peu près tout le monde. C’était le coup de force du premier Joker, satisfaire tout le monde : des incels qui, à l’instar de bcp de gauchos fatigués, avaient trouvé dans Joker l’incarnation de l’insurrection qu’ils attendent de ferme pied, jusqu’aux plus radicaux des socdems et aux plus modérés des salauds de bourgeois, toujours prêts à trouver dans une critique des élites aussi bâclée que l’était la représentation de la plèbe séditieuse de quoi se remettre légèrement en question pour in fine mieux se r(é)assurer dans son rôle. Satisfaire tout le monde, en installant un spectaculaire rapport mimétique et cathartique entre le grand écran et ses spectateurices, en plaçant au coeur de l’entreprise l’acteur fétiche de l’époque : c’est la recette du carton, et ça na pas manqué – au tour de l’industrie d’être contentée. Si le second est un flop (ce dont il ne vaut pas la peine de faire un motif de réjouissance), c’est que la recette s’est trouvée sabotée : Joker Folie à 2 n’en est pas pour la cause un grand film, mais le ratage voulu est à mettre au crédit du film, et nous permet de commencer à penser à même le diptyque Joker quelque chose comme sa politique désirante. Ou plutôt : penser à partir du diptyque quelque chose comme une politique désirante – la nôtre.

« On pourrait bien s’imaginer que sa dimension insondable, à savoir ce qui fait du clown le plus accompli quelque chose de plus que simplement un clown, tient à cela : qu’il projette dans le monde environnant sa violence et sa pulsion de maîtrise et qu’il construit, par cette projection de sa propre culpabilité, son innocence, qui lui confère plus de violence que toute violence. Le roi des tigres en tant que végétarien. »

Adorno

« Deux personnages…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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