Il y a un an, l’onde de choc traversait la Terre en un éclair. Remportant l’élection présidentielle face à la démocrate Kamala Harris, Donald Trump signait un retour fracassant aux commandes de la Maison Blanche. Aux États-Unis comme ailleurs dans le monde, sidération et attentisme ont offert au milliardaire climatodénialiste le luxe de pilonner la démocratie à peine son investiture proclamée.
Retrait de l’Accord de Paris, autorisations de forer à tout-va, détricotage des mesures écologiques prises par son prédécesseur Joe Biden… Dès le premier jour de son second mandat, le Républicain a enseveli tout antagonisme sous une avalanche d’executive orders — décrets aux répercussions immédiates. Ont suivi la débaptisation du golfe du Mexique, désormais appelé « golfe de l’Amérique », ou encore l’interdiction des mots « climat » et « femme » dans les travaux scientifiques.
Malaise au RN
De l’autre côté de l’Atlantique, le trumpisme a d’abord peiné à infuser, y compris au sein de sa famille idéologique. « Avant l’époque trumpienne, l’un des fers de lance du Rassemblement national [RN] demeurait en la distanciation vis-à-vis du leadership des États-Unis, analyse Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po. Comment prôner le nationalisme tout en se subordonnant à une puissance ? »
Seulement, Jordan Bardella et Marine Le Pen ont bien dû se rendre à l’évidence. Entre inclinaison pour un modèle autoritaire, hostilité à la mondialisation et à l’immigration, défense des valeurs traditionnelles et rejet de la transition écologique, le programme du Républicain s’érigeait de plus en plus en miroir du leur : « Résultat, le RN s’est retrouvé à maintenir vis-à-vis de Trump une distance embarrassée, teintée d’admiration et de mimétisme, poursuit le professeur. Attention ! Tout cela est mouvant, et peut-être les réserves du clan Le Pen à l’égard de…
Auteur: Emmanuel Clévenot

