Guémené-Penfao (Loire-Atlantique), reportage
« Il y avait des cages pour accueillir les chiens qu’élevait l’ancien propriétaire. C’était une des premières choses qu’il a fallu démolir. La symbolique était forte », explique Lise Buisson, dynamique trentenaire rennaise installée à Redon, au nord de Nantes. L’association La Plaine mène un projet de réhabilitation d’un ancien chenil en un lieu d’accueil et de répit pour les personnes en souffrance psychique. « Ces grilles en métal incarnent tout l’univers coercitif que peut représenter la psychiatrie à l’hôpital. »
Pour abattre ces cloisons et rompre avec les pratiques asilaires, mais aussi pour débroussailler et ramasser des noix, la structure a pu compter sur trois chantiers participatifs ayant réuni une quarantaine de personnes. Elle a aussi lancé un appel aux dons, qui a permis de récolter 15 000 euros.
Le jour de notre venue, dans la bâtisse en pierre brune, un feu de cheminée crépite. Les membres de l’association ont bravé le froid — le mois de décembre est rude dans le pays de Redon, entre bruine et premiers verglas — pour cette après-midi consacrée à l’envoi de cartes postales, sérigraphies et tee-shirts destinés aux nombreux contributeurs à leur financement participatif.
Un système de santé exsangue
Tout part d’un constat simple : selon l’Organisation mondiale de la santé, chaque année en France, 1 personne sur 5 est touchée par un trouble psychique. L’accès à l’hôpital est de plus en plus difficile, faute de places et de moyens, et le système de santé exsangue broie parfois davantage qu’il n’aide. Dans l’équipe, certains sont radicalement antipsychiatrie, d’autres non, mais tous s’accordent sur un point : « Nous défendrons toujours le service public. »
Inspiré par la psychothérapie institutionnelle — une méthode de thérapie qui émerge pendant la Seconde Guerre mondiale, dans…
Auteur: Chloé Bergeret

