Un Angel para tu Soledad

Hommage benjaminien à Indio Solari, figure du rock argentin.

l’Angelus Novus fixe les ruine de l’histoire s’accumuler, dos au future, poussé par la tempête, irrésistiblement.

L’Indio n’est pas un messie, il est un ange de solitude. Il ressemblait plutôt à quelqu’un qui aurait raté son bus métaphysique, un tonton misanthrope, un peu gênant, faisant de l’air guitare à son propre concert comme si, face à deux cent mille âmes, personne ne le regardait. Cette solitude-là est une solitude particulière : la solitude multitudinaire, la solitude de celui qui incarne exactement ce qu’il fuit, qui devient symbole malgré lui, ange malgré lui, pogo malgré lui.

Mais voilà la différence, et c’est là que l’analogie se tord : L’ange de Benjamin est passif dans sa terreur. Il voit, il souffre, il est emporté. Il n’a pas de public. Il a l’éternité pour lui, froide et vide.

L’Indio, lui, avait el pogo más grande del mundo. Cette foule mélancolique, cette multitude affective, qui se retrouvaient dans un champ pour être ensemble dans leur tristesse heureuse. Phénomène argentin presque intraduisible, paradoxe total : la solitude célébrée en masse, l’échec sublimé en rituel collectif, la mélancolie érigée en fête populaire.

Là où l’ange de l’histoire est seul face à l’ouragan, l’ange de la solitude argentine danse avec ses ruines, entouré de deux cent mille âmes qui reconnaissent les décombres comme les leurs.

Deux anges. Un seul vent. Des ruines différentes, L’histoire avance. les deux faces d’un même ange. celui qui regarde les ruines et l’autre face au moteur de cette même histoire, la multitude mélancolique, à une étincelle de se retourner et de créer le tourbillon qui sortira l’Angelus de son interminable bourrasque.

Zivy

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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