1. Le chantage à la dette publique pour justifier les politiques d’austérité
Depuis son arrivée à Matignon, dans ses annonces budgétaires le 15 juillet et tout au long de l’été, François Bayrou a dramatisé la situation de la dette publique pour justifier un budget injuste. Il a notamment déclaré que « notre pronostic vital comme État est engagé ». Depuis 1993, il n’a cessé de répéter le même discours. On se souvient aussi qu’en 2007, François Fillon déclarait “Je suis à la tête d’un État en faillite”.
Ce type d’arguments est fait pour nous tétaniser. Les macronistes sont en train de rejouer le sketch joué par Margaret Thatcher avec son “There is no alternative”. Il n’y a pas d’alternative, c’est soit un budget injuste soit la catastrophe. Alors, ne nous laissons pas intoxiquer, voici quelques arguments pour nous défendre.
Les macronistes ne cessent de parler de “surendettement”. Cela fait peur, car un ménage surendetté se retrouve enfermé dans une spirale infernale. Mais est-ce pertinent de comparer l’État à un ménage ?
Son ministre de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a déclaré que “Chaque Français doit, en gros une DS7 neuve, c’est 45 000 euros”. Il a divisé le montant de la dette publique par le nombre de Françaises. Cela fait peur : quand un enfant nait, il a déjà une dette de 45 000 euros.
Mais cela n’a aucun sens, aucune Française ne va devoir rembourser cette somme au cours de sa vie. En effet, chaque mois l’État emprunte, non pas pour rembourser sa dette, mais pour payer les intérêts, c’est ce qui s’appelle faire rouler sa dette. En effet, l’État est immortel : contrairement à un ménage, il ne doit pas rembourser sa dette au cours de sa vie. L’État n’est pas un ménage, la comparaison n’a aucun sens mais est destinée à nous faire peur.
Les macronistes répètent que la dette publique était de 3300 milliards d’euros fin…
Auteur: Attac France

