Un bloc réactionnaire en marche

Les municipales viennent de livrer un enseignement que beaucoup, à gauche, refusent encore de regarder en face : pendant qu’elle débat sans fin de ses désaccords, un bloc adverse se structure, s’élargit et s’enracine. Lentement, patiemment, mais sûrement. On a beaucoup commenté, souvent avec un certain soulagement, les contre-performances du Rassemblement national dans les grandes métropoles. À l’exception notable de Nice (1), le parti de Jordan Bardella échoue encore à conquérir les sommets urbains du pays. Mais s’arrêter à cette lecture, c’est passer à côté de l’essentiel.

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Gagnée par son allié Éric Ciotti (UDR).

Le RN s’installe durablement dans celle où se jouent pourtant des équilibres décisifs.

Car ailleurs, dans cette France des villes moyennes et des territoires souvent relégués, l’extrême droite poursuit son travail d’implantation. Le bassin minier du Nord mais aussi Carcassonne, Castres, Carpentras, Liévin, Agde, Orange, La Flèche ou encore Montargis : autant de prises, autant de points d’appui. Ce n’est pas une vague spectaculaire, c’est une marée lente. Et c’est précisément ce qui la rend dangereuse.

Le RN ne domine pas encore la France des grandes villes, mais il s’installe durablement dans celle où se jouent pourtant des équilibres décisifs. Là, il ne se contente plus de protester : il administre, il normalise sa présence, il banalise son discours. Et, surtout, il concurrence désormais frontalement les autres droites sur leur propre terrain.


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Auteur: Pierre Jacquemain

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