Plébiscité par certaines femmes pour des raisons esthétiques, de confort ou de santé, le rejet du soutien-gorge a accédé récemment au rang de symbole de libération des corps au point d’incarner une forme d’empowerment féminin. Il n’est ainsi pas rare de voir de plus en plus de femmes, quelle que soit la saison, de tout âge et corpulences, proscrire ce vêtement/accessoire de leur garde-robe.
Plusieurs acteurs ont popularisé ce phénomène durant la décennie 2010. Pensons au mouvement No Bra Challenge en 2018, mais aussi au travail de la féministe américaine Moira Johnson qui avait fait du sein et de son exposition une revendication en militant pour que les femmes obtiennent le droit de se promener topless dans les rues de New York sans craindre une arrestation. Une aspiration relayée par le mouvement Free the Nipple, lancé en 2012 par Lina Esco qui, dans son docu-fiction éponyme, mettait en scène un groupe de femmes osant défiler torse nu à New York afin de montrer l’absurdité de la loi.
En devenant viral, l’hashtag #freethenipple a favorisé la circulation des revendications. En France, les Tumultueuses dénoncèrent le port du haut de maillot de bain pour les femmes qui, en occultant les seins, œuvrait à la perpétuation d’un ordre hétérosexiste. Organisant des bains revendicatifs, elles réclamaient le droit pour les femmes à se baigner dans les piscines publiques seins nus ou demandaient aux hommes de se couvrir le torse.

Isaac Cruikshank/Wikimedia
Érigé en vecteur de « la…
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Auteur: François Hourmant, Professeur de science politique, Université d’Angers

