Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 ne s’annonce pas austéritaire pour tout le monde. Alors que le gouvernement revendique 43 milliards d’euros de mesures de redressement, le texte présenté jeudi 1er octobre en Conseil des ministres prévoit plusieurs cadeaux pour l’industrie nucléaire : recours au Fonds d’épargne, garantie gratuite, fiscalité allégée sur les nouvelles installations… Il révèle aussi de nouveaux chiffres sur la facture des futurs EPR2 qui, en intégrant les coûts de financement, pourrait dépasser 153 milliards d’euros.
Premier coup de pouce : dans son article 48, le PLF 2027 officialise le recours au livret A pour financer le programme des six EPR2 de Penly, de Gravelines et du Bugey. Ce n’est pas une surprise : le gouvernement l’avait entériné en mars lors du cinquième Conseil de politique nucléaire, qui avait donné lieu à un déplacement en grande pompe d’Emmanuel Macron à Penly. Mais le texte en précise les mécanismes. Il prévoit ainsi que le Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts – qui gère une partie des sommes déposées sur les livrets A et livrets de développement durable et solidaire (LDDS) — prête jusqu’à 60 milliards d’euros à la société de projet d’EDF. Ce prêt, d’un taux de 0 % pour EDF pendant la durée de construction des réacteurs, doit couvrir 60 % du coût du programme. Surtout, le PLF livre un éclairage sur ce que ce montage va réellement coûter à l’État.
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Qui versera les intérêts aux particuliers ? L’État
Car le recours au livret A fait porter à l’État le risque financier lié à l’évolution des taux. En effet, pendant toute la construction, EDF ne paiera aucun intérêt. Sauf qu’il faut bien que la Caisse des dépôts, qui gère cette épargne, se refinance pendant la durée de ce prêt. Le texte prévoit donc un taux variable indexé…
Auteur: Émilie Massemin
