« Je suis le chef de la majorité. » C’est ce qu’a affirmé le Premier ministre, Gabriel Attal, dans Le Parisien, dimanche 11 février. Un long entretien d’une grande banalité qui ne faisait que rappeler les grandes lignes de sa politique, après avoir nommé un gouvernement de « guerre sociale », comme nous l’écrivions sur notre site Internet dès le 9 février. Une banalité qui jure avec l’annonce, le même jour, par son ministre de l’Intérieur, de la fin du droit du sol à Mayotte. L’annonce n’avait même pas été évoquée la veille en comité interministériel. Gérald Darmanin, fragilisé depuis la loi immigration, a donc réussi son coup politique et médiatique, jusqu’à faire oublier l’interview de son propre patron.
Emmanuel Macron lui-même avait juré qu’il ne remettrait jamais en cause ’un principe fondamental’.
C’est à se demander si Gabriel Attal est vraiment le chef de la majorité. Ou si on lui en donne les moyens. On en doute. Mais si la séquence politique est révélatrice du grand malaise, des inimitiés et des désaccords qui règnent au sommet de l’État, c’est bien le contenu de l’annonce qui suscite, à raison, l’indignation à gauche – et parfois jusque dans les rangs de la Macronie. D’abord parce qu’elle représente une rupture radicale avec nos principes constitutionnels, nos valeurs républicaines, et qu’elle ne répond en aucun cas aux urgences du quotidien des Mahorais.
Sur le même sujet : « Le climat de tension à Mayotte fait l’affaire de l’État français »
Pourtant, en 2018, Emmanuel Macron lui-même avait juré qu’il ne remettrait jamais en cause ce qu’il considérait être « un principe fondamental », alors qu’il venait de limiter, par la loi, le droit du sol sur…
La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Pierre Jacquemain

