“Nous sommes les prochains réfugiés climatiques” clame Aude Goussard, membre du collectif Sové Lavi Salines, qui s’emploie à lutter pour préserver le parc naturel menacé, comme le reste du littoral Martiniquais, par l’érosion côtière et la submersion marine.
Les actions coup de poings et la désobéissance civile remplacent “l’absence de réponse de l’État sur l’avenir de la Martinique malgré les alertes des scientifiques. Entre 2050 et 2100, le désastre est annoncé”.
Pour sauver le parc naturel, le collectif Sové Lavi Salines, accompagné de l’expertise de Notre Affaire à Tous et du chercheur en droit de l’environnement Victor David, a lancé la Déclaration des Droits des Salines afin de soutenir sa reconnaissance comme entité naturelle juridique (ENJ).
“En droit français soit on est sujet de droit, soit on est objet de droit. Les objets de droit sont soumis aux sujets. La nature fait partie de ces objets. Objets d’appropriation, d’usage et d’abus de toute sorte.
Aujourd’hui, le droit de l’environnement s’efface devant les autres droits fondamentaux, notamment le droit de propriété. L’idée est donc de donner à la nature le statut de sujet de droit pour remettre une égalité entre les éléments de la nature et le droit des humains à posséder ou à produire” argumente Victor David.
“Faire passer les Salines du statut d’objet à celui de sujet de droit, titulaire de droits propres, c’est leur permettre d’agir directement en justice par l’intermédiaire des représentants ” explique Marine Yzquierdo, avocate et membre du conseil d’administration de Notre Affaire à Tous.
“L’adaptation à la crise écologique passe par une transformation de notre droit”.
Une tactique qui a déjà marché en Nouvelle-Calédonie, plus précisément dans la Province des Iles-Loyautés, qui a rédigé son propre code de l’environnement (CEPIL) accordant le statut d’entité naturelle…
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Auteur: Florian Grenon

