Le jeudi 20 août, j’étais invité au Débat de midi, une émission de France Inter diffusée, comme son nom l’indique, en milieu de journée. On peut écouter la séquence ici. “Au menu, annonce la page web de l’émission, questionnement sans parti pris avec bonne humeur.” Il faut admettre que la bonne humeur ne fut pas au rendez-vous, puisque la discussion – dont le thème était “la radicalité en politique” – avait lieu entre un député européen RN, Aleksandar Nikolic, un essayiste et rédacteur en chef du Monde des livres, Jean Birnbaum, et moi-même, comme corédacteur en chef de Frustration. Pendant 45 minutes, j’ai dû adapter la stratégie médiatique poursuivie depuis plusieurs années par Frustration lors de nos rares passages dans des médias mainstream à un nouvel adversaire, auquel je n’avais jamais été directement confronté par le passé : un membre du RN plutôt habile et vindicatif. Dans cet article je reviens sur le contexte de l’émission, pour éclairer les lecteurs sur ce qu’il s’y passe en amont et en aval, sur son déroulement et sur les pistes d’améliorations de notre réponse face à la rhétorique de l’extrême droite française.
Le décor
France Inter est une chaîne du groupe Radio France, dont l’imposant bâtiment se situe face à la Seine, dans le 16e arrondissement de Paris, l’un des plus riches de la capitale. Détenu intégralement par l’État, le groupe a été créé en 1975 et a eu le monopole de la radiodiffusion en France jusqu’en 1982. La présidente du groupe, Sybille Veil, a été nommée à ce poste en 2018 par le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel), devenu Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique). L’Arcom est dirigée par des gens nommés par le président de la République, celui du Sénat et celle de l’Assemblée nationale. Aussi, Radio France est bel et bien sous la coupe du gouvernement français. Sybille Veil…
Auteur: Nicolas Framont
