Un choc, une épiphanie et, soudainement, un changement de mode de vie. Ce scénario est bien ancré dans nos imaginaires, mais pas si fréquent dans la réalité, où l’on voit plutôt des modes de vie sobres pas nécessairement liés à des convictions écologiques, et des déclics qui fonctionnent surtout auprès de personnes déjà convaincues.
« Moi, je pense que les gens font pas d’efforts. Je pense qu’il faudrait avoir des messages un peu choc, pour qu’ils prennent conscience du changement climatique », assure Hélène, 41 ans, vétérinaire. Elle n’est pas la seule.
Il est commun d’entendre ou de lire que l’adoption d’écogestes au quotidien passe, dans un premier temps et parfois soudainement, par une prise de conscience de l’urgence climatique. Provoquer ce déclic chez les individus semble même devenu un axe de prioritaire pour les divers acteurs de l’environnement, comme les pouvoirs publics, les associations et les ONG. La rhétorique du défi est visiblement couramment employée.
Capture d’écran du site Internet de l’ONG
À l’heure où les spots publicitaires et les campagnes de sensibilisation se multiplient sur tous les médias sociaux, demandons-nous si elles sont efficaces.
Pour comprendre leurs effets sur la population, nous avons interrogé une centaine de ménages aux profils (genre et âge) et conditions de vie (revenu, statut familial, type d’habitat, etc.) très variés. Ces entretiens, menés dans le cadre d’une recherche doctorale, portent précisément sur les modalités d’engagement dans une démarche de réduction des déchets au quotidien. À ceux-ci, s’ajoute un questionnaire ayant permis de recueillir plus de 2 000…
Auteur: Maxence Mautray, Doctorant en sociologie de l’environnement, Université de Bordeaux

