L’appel à la prière qui marque la rupture du jeûne vient à peine de retentir ce lundi 24 mars dans le village de Susiya, au sud de la Cisjordanie occupée, quand un groupe d’une vingtaine de colons israéliens venu des alentours fait irruption. Masqués, armés de pierres et de bâtons, les colons s’en prennent violemment aux habitants et aux maisons. L’attaque est de courte durée, mais violente. Hamdan Ballal, coréalisateur palestinien du film No Other Land, est auprès de sa famille lorsqu’il entend des cris au-dehors.
La maison de son voisin est visée, il sort, pour filmer. Face au nombre d’assaillants, Hamdan a juste le temps de fermer la porte de chez lui. Shem Tov Luski, un colon bien connu des habitants et deux soldats fondent alors sur lui. Durant de longues minutes, les coups pleuvent, aux genoux, au cou. Un soldat lui assène des coups de crosse à l’aide son fusil, l’autre le menace, « je vais te tirer dans les jambes ! ». De l’intérieur de la maison, Lamia, sa femme, l’entend hurler. Des coups de feu sont tirés, en l’air, par l’un des soldats.
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À quelques kilomètres de là, à Tuwani, c’est l’alerte. Habitants et volontaires internationaux grimpent dans leurs voitures pour arriver au plus vite sur les lieux de l’attaque. Sur Whatsapp, les vidéos des faits arrivent petit à petit, filmées par des activistes de l’ONG américaine Center for Jewish Nonviolence. Sur l’une d’elles, enregistrée par la caméra embraquée de leur véhicule, on voit l’un des assaillants lancer une pierre droit sur le pare-brise, qui vole en éclats, avant que la caméra ne s’éteigne. Quand les secours arrivent, Hamdan est en sang, blessé à l’estomac et au cou. Mais alors…
Auteur: Louis Witter

