Londres (Angleterre), correspondance
Après l’été le plus chaud jamais enregistré au Royaume-Uni, près de 3 millions d’étudiants britanniques ont repris le chemin de la fac. Près de 1 sur 5 sont inscrits dans les départements business et management, 12 % dans le champ médical, et 10 % supplémentaires dans les sciences sociales. Parmi les modules proposés à ces derniers : « imaginaires climatiques », « littérature et environnement : crises et résistances », « peur et espoir », « survie à l’apocalypse », « visions du futur : changement climatique & fiction »… Autant de cours qui forment le champ académique des « humanités environnementales ».
Apparu aux États-Unis dans les années 1990, ce domaine de recherche s’est formalisé et répandu lors des deux dernières décennies. Pour Ella Mershon, qui enseigne la littérature victorienne à l’université de Newcastle, « il s’agit de la rencontre entre la philosophie environnementale, l’histoire environnementale et l’écocritique ». Cette dernière discipline croise écologie et critique littéraire, s’intéressant à la manière dont l’environnement, l’humain et la nature sont représentés dans les œuvres culturelles.
« Comprendre comment faire adopter le changement aux humains »
Pour la chercheuse, tout l’enjeu est de penser la catastrophe climatique en termes humains. « La prise de conscience scientifique de la crise climatique est ancienne : cela fait quarante ans que des faits clairs et incontestables montrent que les dégradations liées aux activités humaines modifient le climat. Pourtant, on n’a toujours pas les solutions et on peine à y répondre, parce que de nombreux facteurs humains complexes entrent en jeu. C’est pour cela qu’il faut qu’on étudie la politique, l’art et la culture : pour comprendre comment faire adopter le changement aux humains », explique-t-elle.
En arrivant en…
Auteur: Juliette Démas
