Tours (Indre-et-Loire), reportage
À chaque canicule, la scène se répète. En contrebas du pont Wilson, dans le centre de Tours, des dizaines de personnes installent leurs serviettes sur les bancs de sable de la Loire. Certains appliquent leur crème solaire scrupuleusement, d’autres s’enfoncent dans l’eau du fleuve pour y trouver un peu de fraîcheur. Durant cette semaine caniculaire, lors de laquelle le thermomètre a dépassé 40 °C, le cours d’eau est devenu un refuge pour de nombreux Tourangeaux. « Je préfère être ici que dans mon appartement à plus de 30 °C, sans air », assume Mathieu, riverain du fleuve.
Dès que la chaleur revient, il se rend sur ce que les habitués appellent désormais « la plage » et s’assoit au bord de l’eau, histoire de tremper ses jambes. Pas plus : « Le risque est trop grand pour juste se rafraîchir. » Devant lui, de nombreuses personnes s’immergent jusqu’à la taille. Pourtant, se baigner dans la Loire est strictement interdit depuis 2007.
Le 25 mai, lors du premier épisode caniculaire de l’année, un jeune homme de 24 ans est mort près du pont, sous les yeux de nombreux témoins impuissants. Il tentait de se rafraîchir, alors que la température atteignait encore 30 °C à 20 heures. Un cas loin d’être isolé. En 2022 et 2023, deux adolescents sont morts noyés dans les mêmes conditions. En France, en l’espace de dix jours de canicule fin juin, plus de 70 personnes se sont noyées, dont un homme dans la Loire, près de Blois.
À Tours, malgré les incidents à répétition et les interdictions, la fréquentation des lieux ne faiblit pas. Face à l’accélération du changement climatique, la question de l’accessibilité et de la sécurité des cours d’eau s’impose pour la mairie écologiste, contrainte de s’adapter « à marche forcée ».
Une campagne de sensibilisation lancée
Créer un accès à la baignade dans la Loire était pourtant l’une…
Auteur: Eva Giandomenico, Lisa Darrault

