Alors qu’une sécheresse historique frappe l’Afrique australe, les conflits entre éléphants et humains s’accentuent à Livingstone, ville touristique de la Zambie. Difficile de trouver un équilibre entre deux groupes vulnérables : l’espèce emblématique menacée d’extinction, d’un côté, et les populations défavorisées, de l’autre.
Livingstone est une ville touristique du sud de la Zambie, située à proximité immédiate des chutes Victoria qui ont été « découvertes » par David Livingstone en 1855 lors de son exploration de l’Afrique australe. Ces cascades, larges de 1 700 mètres et hautes de plus de 100 mètres, sont situées sur le cours du fleuve Zambèze qui s’y précipite en Zambie d’un côté et au Zimbabwe de l’autre. Elles créent un immense nuage de vapeur qui a inspiré le nom donné au parc national qui recouvre la zone : Mosi-oa-Tunya (littéralement « la fumée qui gronde » en lozi).
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De nombreux animaux ont l’habitude de circuler dans ces paysages de savanes et de forêts, sans prendre garde aux frontières étatiques. Les touristes peuvent d’ailleurs profiter de safaris afin de les observer, dont ceux qui consistent à aller voir les derniers rhinocéros blancs lors de « walking safaris » : des tours de marche sous haute protection, non pas parce que les rhinocéros sont dangereux mais afin de les préserver des tentatives de braconnage.
Les éléphants traversent régulièrement la zone pour aller d’une aire d’alimentation à une autre, en passant par le Bostwana, la Namibie, le Zimbabwe et la Zambie. Lors de leurs migrations, ces gros animaux (6 tonnes pour un mâle), qui circulent souvent en groupe, utilisent un corridor situé entre Livingstone et les chutes Victoria.
Une sécheresse extrême aux retombées délétères
En 2024, la saison…
Auteur: Alice Corbet, Anthropologue, chercheuse CNRS / IRD au laboratoire LAM (UMR 5115 ; UMR 992), Institut de recherche pour le développement (IRD)

