« Un emploi vert pour tous » : la mobilisation pour créer 1 million d’emplois écolos et sociaux

Résoudre le fléau du chômage de masse tout en accélérant la transition écologique de la société : c’est ce que proposent Hémisphère Gauche et l’Institut Rousseau, deux jeunes laboratoires d’idées qui viennent de lancer leur campagne « Un emploi vert pour tous ».

« L’habitude du chômage nous fait parfois oublier à quel point il est une absurdité. » Ainsi commence l’étude que publient Hémisphère Gauche et l’Institut Rousseau. Ces deux jeunes laboratoires d’idées, rassemblant des bénévoles bien décidés à en découdre avec l’un des mythes fondateurs de notre époque, proposent d’instaurer une garantie à l’emploi vert inspirée de l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée.

Apparu dans les années 1970 après le choc pétrolier, le chômage de masse est aujourd’hui considéré comme une fatalité. Depuis 40 ans, son taux oscille entre 8 et 10 % de la population active française : au troisième trimestre 2020, il a par exemple atteint 9 %, soit 2,7 millions de personnes.

Ce sont les données de l’Insee, mais d’autres décomptes chiffrent à 3,8 millions le nombre de demandeurs d’emploi, auxquels s’ajoutent 2,2 millions de travailleurs en situation d’emploi précaire. 

Au sein de cette nébuleuse, les chômeurs de longue durée, c’est-à-dire tous ceux qui sont privés d’emploi depuis plus d’un an, représenteraient 1 à 3 millions de personnes, selon qu’on choisit les estimations de l’Insee ou de Pôle emploi.

« Ce sont autant de gens qui sont indemnisés à être malheureux chez eux alors qu’ils pourraient contribuer au bien commun, nous explique Alexandre Ouizille, porte-parole de la campagne Un emploi vert pour tous et président d’Hémisphère Gauche. Pour la société, le chômage a un coût social et économique très élevé. Les finances publiques sont mobilisées sans que la situation soit satisfaisante pour personne. »

En 2015, le mouvement ATD Quart Monde a estimé que l’État dépensait chaque année 15 000 euros environ pour chaque personne durablement privée d’emploi. Rapporté à l’ensemble du territoire, ce montant avoisinerait donc 36 milliards d’euros par an, mais il n’inclut pas tous les coûts indirects : prestations familiales sous conditions de ressources, réductions tarifaires, manque à gagner en impôt sur le revenu…

En outre, comment apprécier les dommages que l’inactivité et l’isolement causent aux personnes ou à la société ? L’âme humaine échappe aux…

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Auteur: Augustin Langlade

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