Le Kardinal Festival, prévu initialement dans le Morbihan, a dû s’exiler en catastrophe après une interdiction illégale
Quelques semaines après l’application de RIPOST, un festival de tekno, pourtant parfaitement légal, a dû se relocaliser en catastrophe quelques jours avant son déroulement. L’affaire est un cas d’école de la dérive répressive dans laquelle l’État est engagé, à mi-chemin entre un marécage administratif illisible et une série de mesures arbitraires qui traduisent une ignorance crasse. Une preuve de plus que se conformer à la loi est parfaitement inutile, et que la chasse aux sorcières dans laquelle s’est précipité le gouvernement vise bien une culture dans son ensemble, et pas simplement les free-parties. Analyse d’une dérive répressive.
Le Kardinal Festival devait initialement se tenir à Rieux, dans le Morbihan, dans une salle privée louée légalement. Porté par plusieurs associations, l’événement s’est explicitement conformé à la nouvelle législation en cours, à savoir la loi RIPOST.
Le festival, limité à 200 personnes (ainsi que 50 bénévoles et membres de l’équipe organisatrice), comporte donc un dispositif incendie, un stand de réduction des risques, des sanitaires ou encore un agent de sécurité. Autant de dispositions particulièrement coûteuses et complexes à mettre en place. Pourtant, le lundi 14 septembre, soit 4 jours avant l’ouverture de l’événement, les organisateurs apprennent que ce dernier n’aura pas lieu. Au téléphone, le maire de Rieux cafouille, annonce qu’il fera interdire la location de salle pour le week-end et admet que le festival paierait pour «ceux qui font mal les choses». Un sous-entendu révoltant, qui prendra sens par la suite.
Dans les jours qui suivent, mairie, préfecture et gendarmerie collaborent étroitement pour couler le festival, en justifiant le tout au travers d’amalgames douteux et de méthodes…
Auteur: B
