Invité à participer au jury du festival international du cinéma de Marseille (FID), le réalisateur Nadav Lapid vient d’annoncer l’annulation de sa participation à la suite d’appels au boycott. Des personnalités du cinéma s’émeuvent qu’un cinéaste ouvertement critique du régime israélien se retrouve « censuré » au nom de la contestation du régime en question. D’autres au contraire, estiment que les milieux culturels ne peuvent faire exception, c’est l’avis défendu ici par le cinéaste Sylvain George qui propose une réflexion sur cette « vieille théologie de l’art », c’est-à-dire l’idée bourgeoise et réactionnaire selon laquelle les œuvres, les artistes et les institutions culturelles pourraient être soustraits aux conditions politiques, économiques et historiques de leur existence. Il propose ainsi de déplacer la discussion du terrain des personnes vers celui des institutions, des financements, des régimes de visibilité et des responsabilités qui accompagnent toujours la circulation des œuvres.
Le symptôme du FID Marseille
Ce qui s’est passé autour du FID Marseille est révélateur. Nadav Lapid devait participer au jury de la prochaine édition du festival, du 7 au 12 juillet 2026. Plusieurs cinéastes sélectionnées ont alors menacé de retirer leur film, en raison de ses liens avec des financements institutionnels israéliens. Le festival a d’abord tenté de déplacer sa présence vers une simple séance autour de son film Policier, avant que Lapid ne renonce finalement à venir. Selon Le Monde, près d’une dizaine de films auraient été retirés ou menacés de l’être dans ce contexte.
Il ne s’agit pas ici de savoir si Nadav Lapid est, subjectivement, un partisan ou non du gouvernement israélien. Il ne l’est manifestement pas. Il s’est souvent présenté en effet comme critique de la société israélienne, et son dernier film, Oui, a été reçu par une partie de la…
Auteur: dev

